Chenilles processionnaires en file indienne sur un tronc de pin
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Équipe Protect Nuisibles

Publié le 10 juillet 2026

Chenilles processionnaires

Chenille processionnaire : tout comprendre pour agir vite

Vous avez repéré une longue file de chenilles grises progressant en tête-bêche sur votre allée ou au pied d’un pin. Ou alors, un nid de soie blanche a poussé dans les branches cet hiver. Ce n’est pas un hasard si vous cherchez des informations : la chenille processionnaire inquiète chaque année des milliers de propriétaires, parents et éleveurs, et à juste titre.

Ce guide vous explique ce qu’est réellement cet insecte, quand il est dangereux, et ce que vous pouvez faire concrètement pour protéger votre entourage.

Ce qu’est vraiment la chenille processionnaire

La chenille processionnaire du pin, dont le nom scientifique est Thaumetopoea pityocampa, est la larve d’un papillon nocturne discret. Le papillon lui-même, actif en été, passe totalement inaperçu. C’est sa descendance qui pose problème.

La femelle pond ses oeufs en bague autour des aiguilles de pin en juillet-août. Les oeufs éclosent à l’automne, et les larves passent l’hiver en colonie à l’intérieur d’un nid soyeux qu’elles construisent dans les parties les plus ensoleillées de l’arbre. Ce nid blanc et gonflé, visible à plusieurs dizaines de mètres, est la signature visuelle la plus connue de l’espèce.

Ce cycle se déroule principalement sur les pins, mais aussi sur les cèdres et parfois les mélèzes. En France, l’espèce colonise une part croissante du territoire, remontant progressivement vers le nord avec l’évolution du climat.

Le danger vient des poils, pas des mâchoires

La chenille processionnaire est une chenille urticante. Elle ne mord pas et n’est pas venimeuse au sens classique du terme. Ce sont ses poils microscopiques, les thaumétopoéines, qui causent des réactions parfois sévères.

Ces poils, au nombre de plusieurs centaines de milliers par individu, se détachent facilement dans l’air ou au contact. Ils s’accrochent à la peau, aux muqueuses, aux yeux. La réaction est une irritation intense, des plaques rouges, parfois des oedèmes. Chez les personnes allergiques, une réaction systémique est possible et nécessite une prise en charge médicale rapide.

Les animaux domestiques sont particulièrement vulnérables. Un chien qui renifle une procession peut avoir la langue et les muqueuses buccales nécrosées en quelques heures. Le pronostic vital peut être engagé sans traitement vétérinaire d’urgence.

Les enfants, qui jouent souvent au sol et touchent tout, représentent aussi une population à risque élevé. La règle est simple : aucun contact, même indirect.

Procession de chenilles processionnaires du pin avançant en file indienne sur le sol d'une forêt
Les chenilles forment des processions caractéristiques pour descendre du pin et s’enterrer pour se chrysalider.

La chenille processionnaire selon les périodes de l’année

Comprendre le cycle de vie de l’insecte permet d’anticiper les moments critiques.

De septembre à décembre : installation hivernale

Les jeunes larves sortent des oeufs et commencent à se nourrir d’aiguilles. Elles bâtissent progressivement leur nid collectif. À ce stade, les poils urticants sont présents mais en quantité plus faible. C’est la meilleure période pour intervenir avec un traitement biologique, car les chenilles sont encore petites et vulnérables.

De janvier à avril : la descente en procession

C’est la phase la plus risquée de l’année. Les chenilles, arrivées au terme de leur développement larvaire, quittent le nid en file indienne, parfois sur plusieurs dizaines de mètres, pour s’enfouir dans le sol où elles vont se métamorphoser. Pendant cette procession, les poils urticants se dispersent massivement dans l’environnement. Évitez de marcher sur les files et tenez les enfants et les animaux à l’écart.

De mai à juillet : chrysalide et émergence du papillon

Les chrysalides restent enfouies plusieurs semaines. Le papillon, Thaumetopoea pityocampa à l’état adulte, émerge en été. Il est totalement inoffensif, mais il va pondre pour relancer un nouveau cycle.

Ce que vous pouvez faire sur votre propriété

Quelques mesures pratiques peuvent limiter les risques, même si elles ne remplacent pas une intervention professionnelle sur les nids.

  • Ne ramassez jamais un nid à mains nues. Même en hiver, les nids contiennent des milliers de poils urticants qui restent actifs longtemps.
  • Posez des pièges à colle autour des troncs : ils captent les chenilles lors de la descente et permettent de limiter leur dispersion.
  • Éloignez les animaux des zones où des processions ont été observées, même après que les chenilles ont disparu : les poils persistent dans le sol et l’herbe.

Pour une prise en charge efficace des nids en hauteur ou d’une infestation importante, vous avez besoin d’un professionnel équipé. Le traitement au Bacillus thuringiensis var. kurstaki (Btk) est la méthode biologique de référence : sans danger pour les abeilles et la faune, efficace sur les jeunes larves. L’échenillage manuel avec équipement de protection complet est une autre option pour les nids accessibles. Ces interventions demandent du matériel et une formation. Si vous voulez en savoir plus sur les options de traitement des chenilles processionnaires adaptées à votre situation, notre guide détaillé recense les méthodes validées et les bons gestes.

Nid de soie blanc d'un papillon processionnaire du pin dans les branches hautes d'un pin sylvestre
Le nid soyeux blanc en boule dans les branches hautes du pin est le signe visible d’une infestation processionnaire.

Reconnaître les symptômes et savoir quand consulter

Au contact de poils urticants, les symptômes apparaissent rapidement :

  • Rougeurs, démangeaisons, brûlures cutanées
  • Irritation des yeux, larmoiement, conjonctivite
  • Difficultés respiratoires en cas d’inhalation massive (rare mais possible)

Dans la grande majorité des cas, un lavage abondant à l’eau claire sans frotter suffit à atténuer les symptômes cutanés. Consultez un médecin si les symptômes persistent, s’aggravent ou si une réaction allergique se développe (urticaire étendue, gonflement du visage, gêne respiratoire). Ces situations nécessitent une prise en charge médicale, pas un traitement maison.

Pour les animaux, le délai est encore plus court. Un vétérinaire doit être contacté immédiatement, pas le lendemain matin.

Pourquoi l’espèce se répand en France

Il y a quarante ans, la processionnaire du pin était cantonnée au pourtour méditerranéen et aux Landes. Aujourd’hui, elle est présente jusqu’en Île-de-France, en Normandie, dans les Hauts-de-France. Les projections indiquent une progression continue vers le nord et vers des altitudes plus élevées.

Les hivers plus doux réduisent la mortalité hivernale des larves. Les étés chauds favorisent la ponte et la survie des papillons. La gestion forestière intensive, qui crée de grandes monocultures de pins, offre des conditions idéales pour les populations. Ce n’est pas un phénomène marginal : les forestiers, les communes et les particuliers font face à des infestations de plus en plus régulières.

Agir avant que la situation s’aggrave

Une seule colonie dans un pin peut produire jusqu’à 300 chenilles. Plusieurs nids sur un même arbre affaiblissent progressivement celui-ci par défoliation répétée, même si la processionnaire ne tue pas directement un pin adulte en bonne santé. Sur les jeunes plants, l’impact peut être bien plus sévère.

Si vous identifiez des nids sur votre propriété ou dans votre jardin, ne laissez pas la situation évoluer jusqu’à la descente printanière. Intervenir en automne ou en début d’hiver, quand les chenilles sont encore petites, c’est agir au bon moment avec les meilleures chances d’efficacité.

Protect Nuisibles met en relation des particuliers et des professionnels certifiés partout en France. Si vous souhaitez obtenir un devis pour une intervention adaptée à votre situation, consultez notre page dédiée aux traitements contre les chenilles processionnaires : vous y trouverez des prestataires qualifiés dans votre secteur, sans engagement.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions qu'on nous pose le plus.

Quelle est la période de danger de la chenille processionnaire ?

La période la plus dangereuse s'étend de janvier à avril, lorsque les chenilles descendent des pins en procession pour s'enfouir dans le sol. C'est à ce moment qu'elles libèrent le plus de poils urticants dans l'air.

Comment reconnaître un nid de chenilles processionnaires dans un pin ?

Le nid se présente comme une boule de soie blanche et cotonneuse, souvent installée en hauteur dans les branches exposées au soleil. En hiver, ces nids sont particulièrement visibles après la chute des feuilles des arbres voisins.

Que faire si mon chien a reniflé ou léché des chenilles processionnaires ?

Rincez immédiatement la gueule et le museau de l'animal à l'eau courante sans frotter, puis consultez un vétérinaire en urgence. Les poils urticants provoquent des nécroses de la langue et des muqueuses qui peuvent être très graves, voire fatales sans prise en charge rapide.

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Équipe Protect Nuisibles

Cet article a été rédigé par notre équipe éditoriale et relu par des techniciens 3D certifiés (agrément biocide), à partir de l'expérience de notre réseau de professionnels partenaires partout en France.

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